Edito de décembre: Bilan de 2009

2009 se termine et l’heure du bilan a sonné. Cette année ce sera écoulée aussi vite qu’elle est venue.

On a assisté à moult rebondissements dans notre industrie, des moments de bonheur mais aussi, ceux moins drôles qui ont vu certains studios mythiques mettre la clé sous la porte.
La faute à un climat économique morose ayant frappé de plein fouet notre secteur.
Si 2008 avait vu la tendance casual s’installer, de plus en plus d’éditeurs et développeurs ont pris le train en marche et explore pleinement ce genre touchant un plus grand spectre de joueurs et de non-joueurs cherchant à s’occuper le temps d’une pause-café par exemple.
Toujours d’un point de vue économique, de nombreux éditeurs et certains studios majeurs ont dû miser sur des licences fortes, délaissant la prise de risques afin d’assurer leur survie en ces temps compliqués. Les meilleurs exemples sont Atari, THQ et Square Enix qui ont repensé leur organisation structurelle, sectorisant par là même leur activité. Ainsi, chaque public, du core gamer au casual sans oublier le hardcore voient leur jeux confiés aux bons soins de branches spécialisés. Tout cela dans l’optique de minimiser les dépenses et assurer un retour sur investissement conséquent.

C’est pourquoi 2010 s’apparente à l’année des suites, suites de licences fortes telles que Mass Effect, Bioshock, Lost Planet, Dead Rising, Max Payne, Deus Ex et bien d’autres. Gageons que des titres originaux et suffisamment bons montrent qu’il y a moyen de ravir le public et les investisseurs.
Désormais tendance et pas simplement marginale, la distribution numérique prend une large part du marché et voit le taux de pénétration de Metaboli dépasser les 15% en Europe. De plus en plus d’éditeurs viennent gonfler le catalogue du distributeur, proposant des titres récents et surtout orientés gamers. Devant la montée en puissance de cette méthode de distribution, le GFK, autorité en termes de chiffres de ventes des jeux jusqu’ici comptabilisant uniquement les statistiques revendeurs prendra prochainement en compte la distribution numérique pour l’établissement des différents classements des meilleures ventes en Europe.
Plus récemment, le président de Square Enix, déclarait que le support physique disparaitrai à la fin de la prochaine décennie. Une annonce qui, si elle ne surprend personne, annonce bien la couleur. Les développeurs et éditeurs doivent chercher une solution permettant de distribuer plus simplement les jeux et surtout réduire les coûts de ce loisir aussi bien côté utilisateur que lors de la création et la promotion.

Mais cette année, même si elle reste grisée par instant, aura vu le soleil revenir avec un salon de l’E3 ayant retrouvé sa candeur et grandeur d’antan. Le salon nord-américain aura vu les plus grands studios répondre présent à l’appel de l’ESA. Toutefois, certains ont dû décliner l’invitation soit par manque de moyens ou par choix stratégique et là, on pense à Blizzard.
Le développeur californien aura attendu sa traditionnelle BlizzCon estivale pour annoncer ses titres, présenter leur progrès en termes de développement et dévoiler la troisième extension de World of Warcraft, Cataclysm.
L’éditeur avait aussi fait le voyage jusqu’à Cologne, lieu où se tient désormais la Gamescom, salon allemand du jeu vidéo, reprenant le trône laissé vacant par la GamesCon de Leipzig.
Le salon européen aura vu sa première édition couronnée de succès accueillant quelques 245 000 visiteurs. Le salon était aussi l’occasion pour certains développeurs de dévoiler des titres majeurs, déjà sortis à l’heure actuelle ou prévus pour les prochains mois.
La France ne fait plus pâle figure côté salon et s’en sort plus que bien avec un Festival du Jeu Vidéo de classe internationale ainsi qu’un Micromania Games Show montant en puissance depuis quelques années maintenant.

La suite après la publicité


2009 a aussi vu les jeux vidéo gratuits à jouer prendre leur essor avec des titres de qualité venus de développeurs de renom. Si ce segment de marché nous avez habitué à des titres fades, sans réelle consistance, aujourd’hui on assiste à l’éclosion d’une multitude de studios dévolus à la création de titres gratuits à jouer estampillés AAA, comprenez par-là, de qualité et avec un budget conséquent alloué à leur développement. Les joueurs trouvent leur bonheur en vivant une aventure de qualité sans pour autant se soucier d’un abonnement mensuel. Ils doivent néanmoins mettre la main à la poche s’ils ont besoin d’objets puissants ou uniques. Un modèle économique déjà éprouvé en Asie et faisant désormais ses preuves en Europe et en France, si tant est que le titre trouve son public.
Après une année 2007 exceptionnelle en termes de sorties de titres de qualité, une année 2008 agréable et pleine de bonnes surprises, 2009 laisse un goût de peu mieux faire.
Un constat qui, s’il est facile à tirer, faute à une récession économique mondiale, n’explique pas tout.
De mauvais chiffres qui peuvent venir d’une succession de titres tirées d’une même franchise et sorti à court intervalles. Si ce genre de pratique n’a rien d’étrange, le fait est que chaque épisode paru ne propose pas suffisamment de nouveautés, par conséquent, d’intérêt pour attirer et conserver les faveurs du public. Une pratique courante, mettant en lumière les routines d’éditeurs, désormais poussés par des investisseurs, ne cherchant que la rentabilité plutôt qu’une expérience renouvelée. Si les sonnettes d’alarmes ont déjà été tirées, sans d’effet probant, gageons que le retour des beaux jours de la finance autorisent quelques débordements de créativité. L’espoir fait vivre.

Le jeu sur PC aura connu une espèce de marginalisation, non pas créée par les joueurs eux-mêmes, mais par les développeurs et éditeurs stigmatisant la plate-forme et annonçant même la fin du PC Gaming. Si le PC a démontré depuis deux décennies qu’il est la plate-forme de jeu idéal, les éditeurs auront préférés l’abandonner afin de concentrer leur ressources sur des moutures consoles. Le pire étant ceux préférant sortir un produit pensé pour les consoles et à la jouabilité comateuse n’aidant clairement pas à redorer le blason de notre plate-forme.
Mais elle aura tenue bon et aura même vu un des genres le plus célèbre mais mis de côté depuis une bonne décennie faire son retour, exception faite de quelques irréductibles, le jeu d’aventure.
Ainsi, sous l’impulsion de Telltale Games, LucasArts et des studios Indie, le jeu d’aventure en pointer & cliquer dit classique, aura occupé une bonne partie du devant de la scène ces douze derniers mois. De Wallace & Gromit Grand’s Adventures à Tales of Monkey Island, en passant par Lucidity, on en aura manger du jeu d’aventure. Mais le summum du genre fut durant l’été, la sortie de Secret of Monkey : Special Edition redonnant un coup de jeune à l’aventure originale sortie de l’esprit du génial Ron Gilbert.

Au final, tout en ayant eu toutes les peines du monde, cette année 2009 reste positive dans l’ensemble avec des annonces détonantes, des sorties de titres attendus et une multitude d’annonces pour un futur à moyen terme augurant du meilleur.
Mais 2010 qui n’est déjà plus qu’à quelques jours, annonce aussi une révolution de notre façon de jouer sur PC, nous permettant enfin ( ?) de ranger clavier et souris au placard. Cette révolution s’appelle Natal, conduite sous l’aile de Microsoft et voulant damer le pion à Nintendo et sa Wii. D’aveux de Bill Gates, Natal promet de changer la vie sur PC aussi bien pour le jeu que l’utilisation de notre machine au jour le jour. Imaginez une partie de votre fps préféré avec vos mouvements dirigeant votre avatar et pas simplement vos bras comme le permet la console de Nintendo. Jouissif, non ?
2010 marquera aussi le début de l’essor de la vision 3D, permettant de voir nos jeux en vraie 3D et non plus sur un simple plan 2D.
L’année débutera fort avec le CES de Las Vegas, véritable pays des merveilles du geek qui se respecte et récemment haut lieu du gaming.

Vivement 2010 et bonne année.



Vidéos

This website uses IntenseDebate comments, but they are not currently loaded because either your browser doesn't support JavaScript, or they didn't load fast enough.

Réagir